Randonner sur un volcan actif. Puis descendre sous ses coulées pour explorer ses entrailles. À La Réunion, ces deux expériences ne sont pas seulement possibles : elles se complètent naturellement, et elles constituent ensemble l’une des aventures les plus singulières que l’île intensive réserve à ses visiteurs. Le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs de la planète, offre bien plus qu’une ascension classique. Il est le point de départ d’un véritable voyage géologique, entre ciel et sous-sol.
Ce guide vous accompagne pas à pas, de la préparation de la randonnée au Piton de la Fournaise jusqu’à la découverte de ses tunnels de lave souterrains.
Comprendre le Piton de la Fournaise avant de partir
Le Piton de la Fournaise culmine à 2 632 mètres d’altitude, dans le sud-est de l’île de La Réunion. Volcan effusif, il entre en éruption en moyenne tous les neuf mois, expulsant une lave fluide qui s’écoule lentement vers l’océan. Cette activité régulière façonne en permanence le paysage, creuse de nouveaux tunnels et recouvre d’anciennes coulées sous de nouvelles strates minérales.
Ce n’est pas un volcan dangereux au sens explosif du terme. Mais sa dynamique impose de toujours vérifier les conditions d’accès avant de partir : en période éruptive, l’Enclos Fouqué (la caldeira qui encercle le cône sommital) est fermé pour des raisons de sécurité. Les coulées successives ont par ailleurs creusé sous la surface des galeries souterraines appelées tunnels de lave, que des spécialistes comme profundo.fr proposent de visiter en visite guidée, au départ du sud-est de l’île.
Le Parc National de La Réunion surveille en permanence l’activité grâce à des sismographes et des capteurs GPS. Des alertes sont diffusées avec généralement 4 heures d’avance avant une éruption. Consultez le site de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) avant chaque sortie.

La randonnée au Piton de la Fournaise : l’itinéraire classique
Le départ depuis le Pas de Bellecombe
La randonnée Piton de la Fournaise commence au Pas de Bellecombe, un belvédère situé à 2 311 mètres d’altitude, accessible depuis Bourg-Murat par la Route du Volcan. Ce parking offre une première vue saisissante sur l’Enclos Fouqué et pose une frontière symbolique entre le monde végétal et l’univers minéral qui s’étend en contrebas.
Depuis Saint-Denis, comptez environ deux heures de route. Pour profiter d’un lever de soleil spectaculaire sur la plaine des sables, partez avant l’aube, idéalement vers 4 h du matin.
Le parcours jusqu’au cratère Dolomieu
L’itinéraire de référence représente environ 12 km aller-retour, avec un dénivelé positif de 500 mètres. Comptez entre 4 et 5 heures de marche, selon votre rythme.
Les grandes étapes de la randonnée :
- La descente dans l’Enclos : des escaliers en bois permettent de descendre les parois escarpées de la caldeira. Le contraste est immédiat, la végétation disparaît et le sol devient un patchwork de laves noires et rougeâtres.
- Formica Leo : ce petit cratère en forme d’entonnoir se situe au début de la longue ligne droite. Il marque le début de la traversée de l’Enclos proprement dit.
- Le pied du Piton : après une longue marche à plat sur des champs de lave, l’ascension finale commence. Le terrain est irrégulier, parfois instable, et demande de la concentration.
- Le bord du cratère Dolomieu : la récompense. Une vue plongeante sur une caldeira de plusieurs centaines de mètres de diamètre. Par temps clair, les coulées récentes apparaissent comme des cicatrices noires sur les flancs du volcan.
Équipement indispensable
Le terrain volcanique est abrasif et les conditions météorologiques changent vite. Voici ce qu’il ne faut pas négliger :
- Chaussures de randonnée montantes à semelle rigide (les baskets sont inadaptées)
- Une veste imperméable et une couche chaude (il peut faire 10°C dans le brouillard, même en été)
- Au minimum 1,5 litre d’eau par personne (pas de point d’eau sur le parcours)
- Une protection solaire et des lunettes de soleil adaptées à la haute altitude
- Un casse-croûte pour recharger les batteries en cours de route
Quelle période pour randonner ?
La meilleure fenêtre se situe pendant l’hiver austral, de mai à octobre. Les précipitations sont plus rares, la visibilité meilleure. En été austral, le brouillard envahit souvent la zone en milieu de journée : un argument supplémentaire pour un départ matinal.
La spéléologie volcanique : descendre dans les entrailles du volcan
Ce que sont les tunnels de lave
Lorsque la lave s’écoule, sa surface se refroidit et forme une croûte solide alors que le magma continue sa course en dessous. Une fois la coulée terminée, il reste un vide : un tunnel de lave, parfois long de plusieurs kilomètres. La Réunion en possède de nombreux, formés lors des éruptions successives du Piton de la Fournaise.
Ces galeries souterraines constituent un milieu géologique fascinant, orné de stalactites et stalagmites de lave, de plafonds sculptés ressemblant à du chocolat fondu, de puits de lumière naturels et de concrétions basaltiques aux couleurs insolites.
Les principaux tunnels à explorer
Plusieurs réseaux se visitent dans le sud-est de l’île, principalement entre Sainte-Rose et Saint-Philippe :
Le tunnel de lave 2004 est le plus long réseau de l’île avec ses 7 km. C’est la référence pour une première expérience, accessible dès 6 ans. Il propose deux niveaux : une formule découverte de 3 heures pour les familles, et une formule exploration de 4 h 30 pour les plus aventureux.
Le tunnel de lave 2007, issu d’une éruption particulièrement importante, offre des volumes impressionnants : plafonds de 10 mètres, puits de lumière spectaculaires. Plus technique, il est réservé aux personnes de plus de 12 ans.
La Caverne Gendarme est un tunnel historique datant du XVIIIe siècle, reconnaissable à son sol rouge dû à l’oxydation du basalte. Son accès nécessite une traversée de forêt tropicale et quelques passages à quatre pattes. Une expérience différente, plus sauvage.
Pourquoi faire appel à un guide spéléologue ?
Explorer un tunnel de lave sans accompagnement professionnel expose à des risques réels : orientation difficile, passages potentiellement instables, manque de connaissance du milieu. Un guide diplômé apporte à la fois la sécurité et la compréhension géologique de l’environnement traversé.
Explorer un tunnel de lave avec un guide spéléologue diplômé, c’est garantir à la fois la sécurité du groupe et la qualité de l’expérience. Le guide adapte le parcours au niveau de chacun, explique la formation des concrétions, les mécanismes d’éruption, et fait de cette sortie bien plus qu’une simple balade souterraine.
Randonnée et tunnels de lave : combiner les deux en un séjour
La proximité géographique entre le départ de la randonnée (Pas de Bellecombe) et les tunnels de lave (entre Sainte-Rose et Saint-Philippe) permet de planifier les deux activités sur deux jours consécutifs, en séjournant dans le sud ou les Hauts de l’île.
Un itinéraire cohérent pourrait être :
- Jour 1 : départ à l’aube pour la randonnée jusqu’au cratère Dolomieu depuis le Pas de Bellecombe. Retour en début d’après-midi.
- Jour 2 : visite guidée d’un tunnel de lave en matinée ou en journée selon la formule choisie.
Cette complémentarité entre la surface et le sous-sol permet de comprendre le volcan dans sa globalité : d’abord ses formes extérieures, ses cratères, ses coulées récentes, puis ses galeries souterraines, témoins silencieux d’éruptions passées.
Infos pratiques à retenir
| Randonnée Piton | Tunnel de lave | |
|---|---|---|
| Durée | 4 à 5 h aller-retour | 3 à 4 h selon formule |
| Départ | Pas de Bellecombe (2 311 m) | Sud-est de l’île (Sainte-Rose / Saint-Philippe) |
| Difficulté | Intermédiaire | Facile à moyen |
| Âge minimum | Pas de limite stricte (enfants capables) | Dès 6 ans pour le tunnel 2004 |
| Guide obligatoire | Non (sentier balisé) | Fortement recommandé |
| Fermeture possible | En cas d’éruption dans l’Enclos | En cas d’éruption active sur les tunnels |



